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[Interview] Le métier d’aiguilleur au Centre de commandement unique du RER B

Jean-Marc, aiguilleur au Centre de commandement unique du RER B, nous dévoile son quotidien, où métier et passion vont de pair.

Avec un bagage d’expériences de près de 26 ans sur la partie sud du RER B, Jean-Marc a exercé plusieurs métiers, avant de rejoindre l’actuel Centre de commandement unique en tant qu’aiguilleur. Il revient pour nous sur son parcours et les spécificités de son métier.

Bonjour Jean-Marc, peux-tu te présenter pour nos voyageurs qui ne te connaissent pas encore ?

Je suis rentré à la RATP en 1987 en tant que sous-chef de poste sur la partie sud du RER B. J’avais en plus de l’accueil et de la vente, une partie manœuvre. Je m’assurai que les trains, au départ des gares, empruntaient bien les bonnes voies.

J’ai ensuite rejoint le Poste de commandement centralisé, qui est aujourd’hui le Centre de commandement unique, depuis lequel j’expédie les trains.

Quel est ton rôle précisément ?

La mission première d’un aiguilleur est de tracer les itinéraires des trains, de leur faire emprunter la bonne voie pour aller d’un point A à un point B, en relation étroite avec le chef de régulation, les chefs de gares, et les conducteurs.

Pour manœuvrer les aiguillages, finis les leviers automatiques, je tape sur une clé informatique qui autorise à distance le passage d’un train, en fonction notamment de mon « garde-temps ».

Un « garde-temps » ?

C’est mon « garde-fou » en quelque sorte. Il liste l’ensemble des trains, les horaires de passages, et les conducteurs aux commandes. Mon rôle est de faire respecter l’ordre de passage des trains, mais aussi, de répondre aux demandes spécifiques du chef de régulation.

Que peuvent-être ces demandes ?

En cas d’incident, un train peut être supprimé. Le trajet retour, initialement prévu, peut alors être effectué par un train de réserve. Dans ce cas, c’est l’aiguilleur qui se charge d’organiser les manœuvres, c’est-à-dire, de sortir un train du garage. Je préviens ensuite le chef de gare (présent dans les terminus) afin que celui-ci puisse « commander » un conducteur, et avertir les voyageurs de la voie de départ.

Par ailleurs, lorsqu’un conducteur détecte une avarie sur son train (porte bloquée, dysfonctionnement des essuie-glaces), je le dirige vers les ateliers de maintenance.

Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon aiguilleur ?

Je dirais qu’un bon aiguilleur dispose d’une fonctionnalité supplémentaire : une troisième oreille, capable de ratisser tous les échanges qui ont lieu dans le Centre de commandement unique, et d’anticiper mon travail.

Quel changement le regroupement des acteurs de la gestion de la circulation au sein du Centre de commandement unique a-t-il apporté ?

Maintenant que nous sommes tous dans la même salle, on voit et comprend mieux la complexité des métiers de nos collègues qui gèrent la partie nord de la ligne. Le fait de comprendre nous permet d’agir plus rapidement.

La présence de l’agent MRF, chargé de la gestion du matériel roulant et de signaler les avaries sur un train, au Centre de commandement unique, me permet également de gagner un temps précieux.

Après 18 ans de métier en tant qu’aiguilleur sur le RER B, quelles évolutions as-tu constaté ?

Aujourd’hui, le trafic est beaucoup plus important, les heures de pointe sont étendues. Il m’arrive d’arriver sur mon poste à 18h, et de relever la tête vers minuit. Avant, vers 20h on pouvait respirer, aujourd’hui c’est beaucoup plus intensif, mais aussi, enrichissant !

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