31012018

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L’inimaginable Raphaël…

« J’étais en train de conduire sur la ligne B, entre Cité U et Denfert, il neigeait. Il y avait une pellicule blanche partout et je me suis dit, tiens, ça ferait bizarre si ça partait jamais, et que ce serait plus épais. Comment on ferait pour manger ? Les animaux ils feraient comment pour survivre ? Ce serait juste flippant. Je suis parti de ce truc-là. Je me suis posé plein de questions et j’ai trouvé des réponses que je voulais inexplicables. J’ai donc eu l’idée de cette matière qui partirait d’un endroit très lointain et quasi inhabité (à 10 000 km de Paris) pour créer une angoisse et un suspense différent de ce qui existe dans les livres et surtout sur les écrans où tout est toujours rapide. Ici, cette matière inconnue avance à 1km/h et recouvre absolument tout ce qui est solide sur son passage. Les Russes, qui veulent toujours laver leur linge sale en famille, n’arrivent pas à l’arrêter. Le monde entier ne va pas tarder à découvrir cet inimaginable fléau. C’est ça en fait l’idée générale du bouquin… »

15h24, SOSO80 arrive en gare de Denfert-Rochereau. Je lui fais un signe de la main puis je prends place dans la cabine. Et Raphaël Girard commence à me raconter son inimaginable histoire.

Bonjour Raphaël, parle nous un peu de ton parcours Pro s’il te plaît :
« Bonjour Christophe ! J’ai bientôt 44 ans. Je suis entré chez SNCF en avril 2000 comme agent des voies avant de rejoindre la traction en 2005. Ca fera donc 13 ans au printemps que je conduis dont 11 ans sur le RER B soit 1 an avant la suppression de la relève des conducteurs RATP/SNCF à Gare du Nord. Une ligne que je connais bien donc oui ! »

Quelles particularités sur cette ligne du RER B ?
« La différence de procédures et d’infrastructures (entre autres) entre les parties bien distinctes RATP/SNCF. Ça mérite un certain temps d’adaptation. C’est une ligne où on roule dans le stress notamment aux heures de pointe : il y a beaucoup beaucoup plus de trains que les autres lignes sur lesquelles je roule (B D H K même si à mon grand regret on ne roule pratiquement plus sur cette dernière) ».

Ok pour l’aspect technique ! Mais concernant l’humain, vois-tu une différence sur cette ligne qui, rappelons-le, fait tout de même 80 kilomètres ?
« En tant que conducteur, on voit vraiment la différence : il y a une permutation des ¾ de nos voyageurs entre uniquement les gares de Châtelet et Gare du Nord par exemple. Et ce sont bien deux genres de population très différente. C’est très flagrant ».

Les + et les – dont ton métier de conducteur :
« Je ne me plaindrai que d’une chose : c’est de voir de moins en moins ma famille, de pas pouvoir rentrer à la maison tous les jours. Je suis issu des travaux publics et j’ai toujours adoré conduire des engins. Déjà en étant gamin je montais sur les tracteurs et ça m’a toujours plu. « À l’Infra (nom actuel de ce qu’on appelait l’Equipement) j’étais sur ma pelleteuse. Je suis heureux au boulot quand j’ai un engin dans les pattes. Et je suis indépendant, j’ai pas mon chef sur le dos en permanence. Les horaires décalés me plaisent aussi, je n’aimerais pas revenir aux horaires du lundi au vendredi de 8h à 17h par exemple. Pour résumer, j’ai choisi mon métier de conducteur de trains et j’ai vraiment pas envie de faire autre chose ».

Merci Raphaël ! Maintenant on va parler de ton livre. Le titre ?
« L’inimaginable fléau » et ses 250 pages à dévorer ! Il est sorti en version numérique à l’été 2015 et en 9 mois, après avoir fait pas mal de com, j’ai eu 180 téléchargements. Ce qui m’importait, c’était le retour des lecteurs. Je les ai eu via les sites de vente et sur les réseaux sociaux et comme l’histoire à vraiment plu je me suis permis de croire que j’avais ma chance auprès d’un éditeur. J’ai donc envoyé des pavés papier à différents éditeurs et un de ces éditeurs a répondu présent ».

Quand as-tu commencé à écrire ce bouquin ?
« Je m’ennuyais dans mes trajets en train domicile/travail entre Paris et Troyes. J’avais donc eu cette idée le jour sous la neige entre Denfert et Cité U…. il fallait que j’en fasse quelque chose. Ça me démangeait d’écrire, je me suis lancé. J’ai donc utilisé tout ce temps pour écrire ce bouquin uniquement sur la tablette. J’ai mis 6 mois pour écrire cette histoire, à écrire pratiquement tous les jours. ça a été très très vite. ça coulait tout seul, comme par magie. J’ai envie de dire que c’était trop facile. 4 mois pour mettre le point final et 2 mois de relectures et de retouches. J’ai donné tout en première correction à ma prof de français du collège et qui a 82 ans aujourd’hui. Elle m’a vu arriver et elle a juste halluciné ».

Dis-moi Raphaël, elle vient d’où toute cette inventivité ?
« J’ai toujours été dans la lune, je me suis toujours inventé des trucs bizarres, farfelus depuis que je suis gamin. J’adorais les trucs qui sortaient de l’ordinaire, le fantastique. J’ai très peu lu : du Jules Verne quand j’étais ado, du Stephen King un peu après et un peu de San Antonio. En fait je me retrouve dans ces 3 genres de lecture ».

Qu’est-ce que ça représente pour toi d’avoir écris et publié ce bouquin ?
« Une fierté ! Je t’explique pas l’émotion que j’ai eu quand j’ai ouvert les cartons des 100 premiers exemplaires que j’avais acheté à l’éditeur. J’ai sorti le livre, je l’ai touché pour la première fois,… c’était du concret, un aboutissement… A la base, ce que je voulais c’est qu’on découvre mon imaginaire alors ouais, j’en suis vraiment fier ».

T’étais comment à l’école ?
« Moyen… je n’étais pas dans le groupe de ceux qui avaient des bulles (des zéros) en dictée. Je n’ai pas été en seconde, j’ai fait un CAP de canalisateur (poseur de tuyaux) et un bac Pro travaux publics. J’ai fini l’école à 19 ans. J’ai fait l’armée et j’ai commencé à bosser à 20 ans ».

Dans ce bouquin, t’as voulu faire passer un message ou juste raconter une histoire ?
« Raconter une histoire, mon imaginaire mais avec pleins de petits clins d’œil à des trucs qui me tiennent à cœur ou encore en rapport à mon métier comme par exemple le nom de la matière que j’ai appelé BDHK ».

Le Raphaël romancier et le Raphaël conducteur, ils s’accordent comment ?
C’est le même. Par contre quand j’écris, je suis en plein dedans et lorsque je descends du train qui m’emmène ou me ramène du travail j’ai du mal à me déconnecter. Je suis encore dans mon truc et j’ai un peu de mal à me remettre dans la réalité. Aussi quand j’écris, je me mets à la place du personnage principal.

Légende : Raphaël incarnant le commandant Gibbonof à bord d’un train de la ligne H

Tous les personnages du roman, ce sont mes amis, ma famille. A part ma compagne, je n’avais prévenu personne que j’avais écrit un roman. Tous les ans je fais une grosse fête à la maison. J’invite donc une trentaine de personnes et je leur dit avoir une super nouvelle à leur annoncer « Ah tu vas te marier ? Tu vas avoir un enfant ? »… Non non c’est trop facile ça J J’allume la télé où j’avais mis une page d’un site de vente en ligne sur mon bouquin…. Ils me regardaient et ils ne comprenaient pas trop jusqu’à ce que je leur dise avoir écrit un roman : stupéfaction. Et comme deuxième effet KissCool je leur annonce qu’ils étaient tous dans le bouquin. Un bon moment ! Tous les lieux sont vrais. Il y a plein de petits clins d’œil dans le bouquin par rapport à mon métier notamment comme le nom de la matière que j’ai appelé BDHK. Il y a aussi des petits jeux de mots cachés comme des noms de personnages en mode Monsieur et Madame, des petites pointes d’humour plus ou moins cachés, etc. Tous les véhicules et matériel du roman je les ai baptisé avec les engins que je conduis. Par exemple, le MI79 de notre ligne B, dans le bouquin c’est un blindé à 6 roues de l’armée russe. »

Un prochain roman peut être ?
« C’est en cours… Je l’ai attaqué il y a maintenant 2 ans. Je prends mon temps, je veux pas me forcer. J’ai écrit les 4/5ème, le fil rouge,  peut-être plus… Il reste la phase finale à écrire avant de revenir sur l’ensemble. J’ai pas trouvé de suite à « inimaginable fléau », trop casse gueule. Pas trouvé une suite qui me branche. Je suis sur un Polar/Thriller dans le milieu que je connais le mieux c’est-à-dire le milieu ferroviaire. C’est un conducteur de train qui va basculer dans la violence, l’irréversible. Une fiction noire, très très noire.

En 2018 il y aura la seconde édition de concours de Nouvelles sur le RER B. Tu participeras ?
Ecoute… ok ça marche ! Je serai présent J

Bon Raphaël, on va arrêter là car sinon, l’article aussi il va avoir la taille d’un bouquin ! Ça a été un réel plaisir de t’écouter, et ça donne envie de lire ton bouquin, c’est sûr !  Merci !

 

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