29062017

La ligne et vous

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Tout savoir sur l’indicateur de ponctualité du RER B !

La ponctualité voyageurs est la mesure du nombre de voyageurs arrivés à leur gare de destination moins de 5 minutes après leur heure d’arrivée théorique.

La ponctualité, comment ça marche ?

Chaque voyageur «compte pour 1». Ainsi le retard sur un train très chargé de 1800 personnes en heure de pointe aura plus d’impact sur le résultat global d’une ligne que le retard d’un train ayant un faible taux d’occupation. Pour autant aucun voyageur n’est écarté du système de mesure de la performance.

L’INDICATEUR DE PONCTUALITÉ
La ponctualité est un indicateur, et comme pour tout indicateur il faut trouver un seuil pour évaluer la performance. Compte tenu des trajets moyens de 25-30 minutes, le seuil d’acceptabilité, décidé par le STIF, est fixé à 5 minutes : on calcule le nombre de voyageurs arrivant à destination avec moins de 5 minutes de retard, à la seconde près. En revanche, cet indicateur ne distingue pas les voyageurs ayant 6 à 7 minutes de retard de ceux qui en ont 20 ou 30 par exemple.

Pourcentage de voyageurs arrivés à l’heure entre 2009 et 2016

Cet indicateur (qui n’a pas évolué depuis 2009) est le même pour SNCF et pour la RATP.
Pour le RER B, la ponctualité voyageurs est calculée sur toute la ligne, pour tous les voyageurs, qu’ils montent/descendent, au nord ou au sud. Il tient en compte tous les aléas rencontrés par les voyageurs : trains en retard, trains qui ralentissement suite à incident, trains supprimés…

Sur chaque train le volume de voyageurs et leur gare de montée/descente sont connus ou estimés à partir d’enquêtes et de comptages réalisés sur la ligne.
A l’issue d’une journée de service, les outils de calcul de la ponctualité voyageurs réceptionnent automatiquement les informations de circulations réelles des trains : leur heure de départ à la seconde près, leur heure d’arrivée et de départ de chaque gare desservie.
Le croisement des horaires exacts de circulation de trains et du volume de voyageurs permet d’obtenir la «ponctualité voyageurs».

Contrairement au système de mesure de «régularité des trains» qui était plus «binaire» (un train pouvant être soit à l’heure avec moins de 300 secondes de retard soit en retard s’il avait 301 secondes de retard, soit supprimé) les résultats obtenus sont beaucoup plus fins et fidèles au ressenti du client.

Quelques exemples pour illustrer :

  • Dans un train «en retard» à son terminus, certains clients sont à l’heure :

Si le train PDRI22 roule à l’heure de Roissy à Massy, mais perd du temps uniquement entre Massy et St Rémy : les voyageurs descendus avant Massy sont comptés à l’heure, ceux descendus après Massy comptés en retard.

  • Dans un train «à l’heure» à son terminus, certains clients sont pourtant en retard :

Le train KARI64 parti en retard de Roissy et avec encore 6 minutes à Gare du Nord transporte des voyageurs «Roissy – Paris Nord» tous comptés en retard. Par contre si ce même train KARI rattrape ensuite son retard (ce qui reste rare il est vrai) les voyageurs descendant au sud de la ligne sont à l’heure.

Et les trains supprimés alors ?
Les impacts des suppressions sont bien pris en compte dans la notion de ponctualité voyageurs.

Lorsqu’un train est supprimé :

  • Soit les voyageurs ont un train qui leur permet d’arriver à la même heure à destination. Ils sont donc à l’heure.
  • S’ils n’ont pas de train et attendent plus de 5 minutes, ils sont en retard.

Si le train QROL27 est supprimé par exemple :

  • Soit le train IJUR27 a été arrêté à Massy Verrières à l’heure où normalement passe le train QROL27. Dans ce cas :

– Le client qui fait le trajet Massy Verrières – Cité Universitaire arrivera alors avec moins de 5 minutes de retard et sera compté comme ponctuel ;

– Le client qui fait le trajet Bures-sur-Yvette – Cité Universitaire (dans le train IJUR27 qui a eu des arrêts supplémentaires) ne sera pas compté comme ponctuel.

  • Si par contre aucun arrêt n’a été ajouté et que le client attend le train suivant (train QROL29), il sera bien sur compté comme non ponctuel.

De la même façon quand les trains sont rendus terminus Roissy 1 lors de l’application de mesures de sécurité liées à un bagage abandonné en gare de Roissy 2, le voyageur devant descendre à Roissy 2 doit prendre le CDG-VAL et est compté en retard (non ponctuel).

Le résultat global d’une ligne est la somme de chaque «réalité individuelle» des voyageurs de cette ligne.

Pour en savoir plus, la qualité de service en chiffres : bulletin d’information trimestriel & bulletin de la ponctualité émis par le STIF ici.

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    • Mélanaïe

      Merci pour ces informations et nous savons (enfin au moins moi) que vous faites votre possible pour qu’on puisse circuler au mieux sur la ligne B.
      Mais je m’étonne de voir un indicateur non pris en compte dans votre calcul : les trains que nous sommes obligés de laisser passer, car trop d’affluence et nous ne pouvons pas monter dedans, donc on regarde les portes se fermer et on espère qu’on arrivera à trouver une petite place dans le prochain ou dans le prochain du prochain… (ce qui n’est pas toujours le cas).
      Quoi qu’il en soit, ces jours là, on est en retard et généralement avec bien plus de 5 minutes de retard !
      Exemple :
      J’arrive à la gare à 8h00, le train arrive 3 minutes après, je ne peux pas monter dedans, car il n’y a déjà plus de place.
      Le suivant arrive 4 minutes plus tard (et par chance, s’arrête à me gare), il reste un peu de place, je monte dedans.
      Mais les trains étant « bondés », leurs temps d’arrêt en gare vont donc augmenter (à Denfert-Rochereau par exemple), ils vont peut-être perdre quelque chose comme 4 minutes
      Ainsi, je ne serais pas considérée comme en retard, car le train n’a que 4 minutes de retard, or en ce qui me concerne, j’ai bien, déjà, 7 minutes de retard.

      Cela est peut-être seulement une impression, mais je ne crois pas…

      Cordialement,
      Mélanie

    • Toa

      Bonjour,

      5 minutes, ça paraît court mais c’est long. La plupart des usagers transitent par plusieurs lignes, et si le train est en retard de 4min30, il est probable que de nombreuses personnes aient loupé leur correspondance. Pas trop grave pour le métro, mais dans le cas de quelqu’un prenant le A vers Cergy Pref par exemple, un train loupé (parfois à cause d’une toute petite minute de retard) entraîne au final un retard de 10 voire 20 minutes selon la période de la journée…
      Le calcul devrait donc se faire entre l’entrée dans le réseau et la sortie du réseau, et la durée du retard « accepté » pondéré par la durée du voyage pour avoir un indicateur réellement fiable.

    • NAul

      Je rejoins le commentaire précédent. 1 minute de retard sur une ligne, ça peut être 10 minutes de retard à l’arrivée voire bien plus (Saint-Michel-Notre-Dame – Dourdan : 1 train par quart d’heure en heure de pointe et 1 par demi-heure en journée pour ne donner qu’un exemple). Sauf que ça, ce n’est jamais pris en compte dans vos statistiques. En théorie, le trajet qui sépare mon domicile de mon travail dure 1h45. En réalité, il dure 1h50 à 2h le matin et 2h à 2h30 le soir, le record étant de 3h15.

    • Sébastien

      Et pour les trains qui finalement s’arrêtent à Denfert Rochereau au lieu de continuer (il est alors souvent impossible de monter dans les 2 ou 3 trains qui suivent) ? Et l’effet sur les correspondances ?
      Moi, quand je note mes retards cumulés, je n’arrive pas du tout à une statistique aussi flatteuse (j’ai un retard cumulé de 2heures à 5heures par semaine).
      Vous êtes dans le déni permanent de la considérable dégradation continue depuis 10 ans des conditions de transport (mon trajet est le même depuis ce temps, et je peux donc comparer). Quand je vois l’exaspération sur les quais de nombreuses autres personnes, je pense que vous vous réfugiez derrière ses statistiques trop flatteuses justement pour ne rien faire.

      • Sébastien

        De plus, ces retards ayant une fréquence extrêmement élevée, il est nécessaire de prévoir des marges de sécurité importante à chaque déplacement: là dessus vous ne pouvez pas avoir de stats, mais nous on en souffre tous les jours!

    • Pierre de Cachan

      Quand pourra-on avoir un indicateur de ponctualité centré autour de Zéro sur les lignes RER? Comme la ligne 14.
      Il est curieux d’annuler des trains et de voir passer des trains vides parce qu’une porte ne ferme plus.
      Corrélé avec la ponctualité, j’aimerais bien aussi connaître la vitesse moyenne.
      Comme le signalent d’autres usagers, lorsqu’il y a un incident, nous sommes tributaires d’un effet poissonien à la remise en route du trafic. Les trains se sont remplis, les portes ont du mal à être fermées et l’ensemble du trafic est ralenti. Mettre des trains supplémentaires intermédiaires, même courts, est la seule solution. Denfert, Arcueil-Cachan, Bagneux comportent des voies d’attente dans le Sud qui pourraient être utilisées en pompier. Déplacer une partie des chauffeurs pour assurer ce service de veille me semble de moins en moins superflu pour assurer un trafic de plus en plus dense.

    • mad_penguin

      Je constate que cet article passe soigneusement sous silence la source des chiffres utilisés pour cette « ponctualité voyageurs ».

      D’après M. Masure sur Twitter, ce ne sont pas les badgeages Navigo et tickets qui sont utilisés, mais des « estimations » basées sur des « études, comptages et sondages réalisés dans les gares ». Confirmez-vous ce point ? Et si c’est bien le cas, pourriez-vous nous donner les éléments suivants sur ces « études, comptages et sondages » :
      – dates et heures de réalisation,
      – entreprises ou services internes l’ayant réalisé,
      – consignes données audites entreprises ou services internes,
      – méthodes utilisées.

      Je ne parviens pas à comprendre pourquoi les chiffres des bornes de passage ne sont pas utilisés. Ils sont exacts, et non pas une estimation, traduisent bien plus finement les variations saisonnières, permettent d’étudier les tendances par rapport à une opération ponctuelle, …